REBECCA BRODSKIS & DIDIER VIODÉ

L'AUTRE

SEPTIEME Gallery, Paris

23 janvier – 22 février 2020

Le travail de Rebecca Brodskis est une forme d’exploration par la peinture du rapport entre l’être et la matière et de l’impact du social sur l’individu. Happée par des moments de vie qui l’entourent, des discussions, des images ou des personnages, Rebecca interroge ces instants du quotidien fugaces dont on ne se souvient pas, mais qui façonnent l’existence. Elle s’est attelée à questionner le fondement des relations humaines tout en interrogeant le
contexte social dans lequel nous évoluons, un monde en perpétuel mutation enchâssé de liens qui nous échappent. Elle use de cette richesse complexe issue de la mixité sociale qui l’environne, de la confrontation des cultures et des individus. C’est aussi la perte de repère des sociétés contemporaines, entrainée par la remise en cause des fondements sociaux qui intéresse Rebecca. Elle pointe le doute, l’inquiétude et la désorientation de ses personnages
dans des environnements totalement décontextualisés, qui sont à la fois néant et décor de l’universel. Ses personnages sont chacun des métaphores de l’homme contemporain, enchevêtrés dans des cercles sociaux de plus en plus étendus, divaguant dans les méandres de villes tentaculaires, condamné à une extrême lucidité mais constamment envahi par la peur du lendemain.

Didier Viodé présente sa série Les Danseurs du Crépuscule, un projet arpentant la magie et la beauté du corps en mouvement, l’expression faite par l’homme de sa culture, de son intimité intérieure et de son regard sensible sur le monde. Le projet est la continuité d’un projet antérieur, Les Marcheurs, séries de dessins et de toiles explorant le rapport de l’homme à la marche, ce mouvement permanent de l’avancée, du dépassement de soi et des espaces.
Progressivement Didier pour qui la marche est une quasi-danse, aborde l’étude de l’homme et son envergure par la danse elle-même. Attiré par la possibilité de s’extraire de son environnement culturel d’origine, il souhaite s’adonner à l’observation extérieure de corps en mouvement au sein d’une culture qui lui est inconnue. Mû par la volonté d’épouser la culture de l’autre, il utilise le langage corporel pour accéder à un ensemble de significations
issues d’un autre monde. Ayant vécu en Côte d’Ivoire et au Bénin, il est pétri de danses traditionnelles, pour ce projet il souhaite s’attarder sur des gestes qui ne lui appartiennent pas. Didier Viodé désire étudier l’autre, en bon anthropologue et, par le dessin et la peinture faire jaillir ce moment doré du photographe, le cliché parfait où le corps semble être en harmonie totale avec son espace, ce moment où l’espoir jailli. La danse est pour Didier la
signification d’un espoir, d’un mouvement commun et universel, d’un alignement de la beauté et de l’être.