JOE WARRIOR-WALKER

Joe Warrior-Walker, Ground From Granite, 120x160cm, pigment brut, craie et huile sur toile, 2022 ©Nicolas Brasseur

CHALKLAND

SEPTIEME Gallery, Paris

13 septembre – 12 novembre 2022

Le terme Chalkland est utilisé pour décrire le paysage caractéristique du sud de l’Angleterre où la craie affleure à la surface. Inspirée en partie par des références à ces environnements ruraux, ainsi que par la craie et les pigments bruts utilisés pour créer les peintures, le travail décrit un voyage à travers les paysages entrelacés du double héritage de Warrior-Walker. Les souvenirs d’enfance de l’Inde, pays natal de sa mère, se mêlent à ceux de sa Cornwall natale, faisant remonter à la surface un espace intermédiaire où les dualités fusionnent et où les paysages multiples ne font qu’un.

 

Les peintures de Warrior-Walker suggèrent la mémoire d’un lieu ou d’une expérience à moitié oubliée, un moment dans le temps. Les toiles sont intuitivement superposées avec de la craie et du pigment indien brut, créant une surface dense avec des textures épaisses et des lavis fins qui font allusion à un espace et une perspective internes. Les tableaux conservent ainsi des traces de quelque chose de tangible, tout en oscillant entre abstraction et figuration.

 

Les vallées, les crêtes, les falaises et les ruisseaux semblent être suggérés, mais jamais directement illustrés, instaurant un dialogue imaginatif avec le spectateur. Regarder l’une des peintures de Warrior-Walker, c’est se remémorer un rêve ou un souvenir lointain ; nous sommes à la fois en mouvement et immobiles, conscients de l’espace physique qui nous entoure et pourtant absents. C’est une sensation semblable à celle qui précède le réveil, lorsque l’on est encore endormi mais que l’on sait que l’on rêve. C’est un entre-deux, un espace liminaire, particulièrement familier à ceux d’entre nous qui ont des origines multiples, mais que nous connaissons tous en fait, celui d’être toujours ni ici ni là.

Joe Warrior-Walker, Inner-Springs' 2022